Je travaillais hier soir sur Helmo, -mon projet de mediacenter pour KDE- avec en fond sonore l'excellente émission Ce soir (ou jamais !).
Malheureusement, l'émission débute avec un dialogue entre Frédéric Taddeï et Alix de Saint-André au sujet de la démission du Pape. Je dis malheureusement parce que c'est un sujet qui m'indiffère au plus haut point. Mon sang se glace une première fois lorsqu'Alix de Saint-André s'émerveille sur le fait que Benoît XVI a apparemment été le premier Pape à parler de préservatif, et même à -tenez-vous bien- autoriser son utilisation dans certains cas. En 2013, il existe donc toujours des gens qui attendent l'aval d'un vieux monsieur pour sauver leur vie ? Voilà qui ne me rassure pas quant à l'état de l'humanité. Bref. Je crois toucher le fond quand M. Taddeï demande très sérieusement :
Et il va s'habiller comment maintenant ?
Mode et spiritualité. De mieux en mieux. Mon agonie est courte, le coup de grâce arrive quelques secondes après. Frédéric Taddeï relance sur les origines du futur remplaçant, précisant que certains aimeraient un noir ou un latino. Alix de Saint-André juge pertinent d'ajouter que les spéculations vont amuser tout le monde jusqu'à Pâques... Consternant.
Heureusement, Edgar Morin relève carrément le niveau avec son intervention :
Ce qui me touche [...], c'est le renoncement [...]. Je pense que c'est une leçon pour chacun. C'est à dire de savoir qu'à un moment de notre vie, nous devons renoncer à quelque chose parce que nous ne pouvons plus le faire correctement.
Cette petite phrase résonne en moi. J'ai renoncé à beaucoup de choses ces derniers mois : à comprendre certaines choses, à faire certains efforts, à m'investir plus que nécessaire, à certains projets aussi. Par lassitude, par manque de temps, par nécessité, par manque de compétences certainement aussi. Et aussi pour lâcher prise, tout simplement. Pour tenter de retrouver un esprit libre. Pour avancer. En tout cas, pour essayer d'avancer.
J'ai toujours considéré le fait de ne pas baisser les bras comme une question d'honneur. Force est de constater que l'acharnement ne paie pas toujours. J'en sais quelque chose : j'ai la désagréable sensation de stagner depuis plusieurs années. Terrible constat : je suis d'ailleurs incapable de dire ce que j'ai fait de tout ce temps. C'est ce qui m'a amené à reconsidérer ma position : après tout, le bon choix est peut-être de savoir parfois se détacher des choses (sans pour autant sombrer dans l'indifférence !) ?
Et puis, je crois finalement qu'il faut savoir accepter que certaines choses nous dépassent. Qu'il faut parfois renoncer à leur donner un sens ou une signification. Qu'il faut parvenir à les accepter telles quelles.
Renoncer, accepter, avancer. Plus facile à dire qu'à faire.
Et puis quand même, ça laisse un putain de goût amer.