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Ph34r Olivennes

(r)evolution

Vu le bruit que cela a fait ces derniers jours, il était difficile d'ignorer le rapport de la commission Olivennes. Vous savez, le rapport commandité par le ministère de la culture au PDG de la FNAC sur le développement et la protection des œuvres culturelles sur les nouveaux réseaux. Je me suis donc intéressé de plus près à ce fameux rapport...

Contexte

La première chose qu'il faut garder à l'esprit, à mon sens, est que le lien entre téléchargement illégal et baisse des ventes n'a jamais été clairement établi. Il suffit de s'intéresser aux conclusions des différentes études menées à ce sujet pour s'en convaincre.

Admettons cependant que le lien soit réel. Et donc, que cette mission soit justifiée par d'autres choses que les simples suppliques des majors.

Intéressons-nous donc au chargé de mission : M. Olivennes. Est-il utile de rappeler que ce monsieur est le PDG de la FNAC ? Et, comme le souligne très justement [Philippe Axel sur son blog](http://www.philaxel.com/?p=98 Lire le billet de Philippe Axel), sa conception de la culture est plutôt particulière. On pourrait le résumer par cette phrase, extraite de son livre intitulé La gratuité, c'est le vol -attention, tout comme le titre de son livre, cet extrait vaut son pesant de CD-R- :

La culture est un objet de commerce.

On peut d'ores et déjà mettre en doute la partialité du travail... Mais ne nous arrêtons pas à ça.

Le rapport

Entrons dans le vif du sujet. Que contient ce rapport ?

En s'appuyant presque uniquement sur les chiffres de la SNEP, le rapport dresse un triste portrait de la toile française. Les internautes sont des pirates assoiffés de gratuité, prêts à tout ou presque pour ne pas payer leur musique...

Saviez-vous que le trafic P2P représente 60 % du trafic. ? - Le rapport ne précise toutefois pas le pourcentage de contenus ainsi échangés illégalement.

Saviez-vous que le chiffre d'affaires des producteurs de disques, qui était en 2002 de 1 302 millions d'euros, a chuté à 819,2 millions d'euros en 2006 ? - Notez bien, le chiffre d'affaires des producteurs de disques.

Vous le constatez, ce rapport ne repose sur rien de réellement concret. Pas d'étude sur les habitudes commerciales des téléchargeurs, pas de démonstration irréfutable du lien de cause à effet... Quelques chiffres alarmant, un coupable tout désigné, emballé, c'est pesé !

Passons aux mesures préconisées par M. Olivennes. Comment compte-t-il rétablir ce chiffre d'affaires ? Le rapport comporte 13 recommandations, publiées en page 25. Si certaines sont évidentes, d'autres me chagrinent un peu plus :

  1. Aussi longtemps que les mesures techniques de protection (DRM) font obstacle à l'interopérabilité, abandonner ces mesures sur tous les catalogues de musique.

Personnellement, je le comprends comme :

Malgré le fait que les consommateurs rejettent les DRM parce que ça ne fonctionne pas, on compte remettre ça dès que possible ! En attendant, on les supprime, vous pouvez continuer d'acheter !

Bref, même si cela joue en faveur du consommateur (désormais libre d'écouter son mp3 à la fois sur son iPod© et sur sa platine de salon Manhattan©), il faut surtout garder à l'esprit que cette manœuvre est d'abord destinée à protéger les intérêts des distributeurs. En effet, les DRM sont un frein indéniable à la consommation. Et donc un frein pour les organes de distribution. M. Olivennes l'a bien compris (c'est son boulot tout de même, la distribution).

De plus, vous l'avez bien noté, cette suppression des DRM est temporaire et non pas définitive ! Ils...ils...vont revenir -gloups- !

  1. Généraliser le taux de TVA réduit à tous les produits et services culturels, cette baisse étant intégralement répercutée dans le prix public.

Là aussi, on pourrait croire à une bonne nouvelle. On va payer nos CD moins cher ! Mais c'est l'arbre qui cache la forêt. M. Olivennes nous explique simplement que l'État doit pomper dans ses propres caisses afin de soutenir l'industrie du disque qui ne sait s'adapter aux nouvelles technologies. J'imagine très bien les conséquences de cette recommandation. Les prix resteront les mêmes, mais les distributeurs en profiteront pour augmenter leurs marges, arguant du fait que leur chiffre d'affaires n'est plus le même qu'il y a 10 ans. L'État, qui n'y trouvera plus son compte, répercutera cette baisse de la TVA sur autre chose. Je vous laisse deviner qui en subira les conséquences...

Ça ne s'arrête pas là, M. Olivennes ressort des dossiers :

  1. Dans le cas où cette baisse serait obtenue, élargir l'assiette des abonnements internet "triple play" soumis au taux réduit en contrepartie de l'institution d'une taxe alimentant des fonds de financement de la création et de la diversité musicales comme cela a été fait pour le cinéma.

Moi cette histoire de taxe me rappelle étrangement la licence globale dont on parlait il y a peu, non ? Le principe est simple. Votre abonnement à internet est taxé, afin de palier au manque engendré par le piratage. Notez toutefois que même si vous payez quelques euros de plus, le téléchargement reste... illégal. Vous payez donc une taxe destinée aux différents acteurs du marché audio pour ne toujours pas avoir le droit de télécharger ce que vous voulez et comme vous voulez.

  1. Publier un indicateur de piratage tenu par les pouvoirs publics, au maximum trimestriellement, de préférence mensuellement.

Parfait, on pourra ainsi constater toute l'(in)efficacité des moyens mis en place. Je propose d'ailleurs qu'en parallèle soit chiffré le coût de tous les moyens mis en œuvre pour contrer le téléchargement illégal.

On arrive au plus marrant (si j'ose dire) :

  1. Expérimenter les techniques de filtrage des fichiers pirates en tête des réseaux par les fournisseurs d'accès à internet et les généraliser si elles se révèlent efficaces.

Voilà comment, le plus simplement du monde, M. Olivennes nous explique comment sauver sa place en filtrant tous les contenus qui circulent sur internet. Autrement dit, vos mails, vos messages instantanés, le contenu que vous allez uploader, tout sera minutieusement analysé et peut-être filtré. Sympa tout ça, non ? Moi, ça me rappelle assez internet en Chine. Pas question de mettre en place toute cette technologie pour filtrer les contenus pédophiles, révisionnistes, racistes ou néo-nazis...

Allez, je ne résiste pas à l'envie d'en ajouter encore un, pour la route :

  1. Mettre en place soit une politique ciblée de poursuites, soit un mécanisme d'avertissement et de sanction allant jusqu'à la suspension et la résiliation du contrat d'abonnement, ce mécanisme s'appliquant à tous les fournisseurs d'accès à internet. Il peut nécessiter la mise en place d'une autorité indépendante.

Plus de bras, plus de chocolat ! Et comme vous serez certainement fiché (voir la recommandation 12), plus question d'avoir internet chez vous, méchant pirate !

Au final, et j'espère que vous l'aurez compris comme moi, ce rapport ne parle JAMAIS des consommateurs (ah si, au temps pour moi, on parle bien des pirates...) et encore moins des artistes, qui détiennent certainement la palme d'or des oubliés de ce dossier. Ce rapport, unilatéral, ne prend en charge que la composante industrielle du marché. Il exclu totalement les consommateurs et les artistes.

D'autres pistes de réflexion

Personnellement, je vois la chose sous un angle différent. Pour moi, le premier problème est le prix. Et je ne suis apparemment pas le seul (une lueur d'espoir ?)

L'UFC-Que choisir a publié une liste de 7 propositions que je trouve personnellement intelligentes et constructives. L'association s'attaque directement au problème du prix de la musique (qui n'a jamais été abordé directement par le rapport Olivennes) :

3- Une Autorité de Concurrence doit fermement agir sur les prix de gros de la musique. Pour l'UFC-Que Choisir, les majors de la musique exercent une position dominante sur les catalogues et vendent les œuvres aux plateformes à des prix excessifs (entre 70 et 85 cts euro).

7- Pour plus de transparence, doit être indiquée sur l'étiquette physique ou virtuelle la "part créateur", c'est-à-dire la part du prix effectivement reversée aux auteurs/compositeurs, interprètes et musiciens.

D'autres artistes semblent avoir compris que le modèle actuel de l'industrie audio(visuelle) ne tient plus la route. Je pense notamment à Radiohead, qui s'est passé de maison de disque pour la sortie de leur dernier album. D'après le groupe lui-même, l'opération est un succès.

Le vente directe d'artiste au consommateur, voilà une bonne idée. Avec internet, la visibilité n'est plus un problème. Cette initiative a d'ores et déjà trouvé un écho : Nine Inch Nails a quitté sa maison de disque et milite d'arrache-pied pour que d'autres artistes en fassent autant.

Mon point de vue sur la question

Qu'on ne se méprenne pas, je ne fais pas du tout l'apologie du piratage. La plupart des artistes que j'écoute gagnent leur vie grâce aux tournées, et encore, c'est loin d'être toujours le cas. Toutefois, j'essaie toujours, quand je le peux, de les soutenir en achetant leurs albums. Mais je n'aurais jamais connu certains d'entre eux sans le "piratage", sans la copie, sans internet. Tout simplement parce que, premièrement, on ne trouve jamais tout, que ça soit en magasin ou sur les plateformes de téléchargement légales. L'offre doit donc largement s'étoffer (et les vendeurs, connaître un peu mieux leur métier...).

Le deuxième point qui me fait toujours hésiter, c'est le prix. Damn, un CD coûte en moyenne 20 Euros ! En attendant quelques mois, il passe généralement à 15, puis après quelques années, à 6 ou 7. Et le distributeur est toujours gagnant, même à ce prix. L'artiste, lui, ne voit aucune différence. Alors pourquoi devrais-je payer 2 ou 3 fois le prix ?

Je pense vraiment que l'étiquetage proposé par l'UFC-Que choisir est une excellente chose. Si les internautes doivent montrer patte blanche, pourquoi pas l'autre partie ? Dites nous clairement combien vont à l'artiste, combien vont à la promo, combien vont à la fabrication... Nous comprendrons alors peut-être pourquoi un CD est si cher.

Enfin, et c'est à mon sens le problème le plus bloquant, la musique qu'on veut nous vendre est... - allez, j'ose faire mon Jean-Pierre Coffe - Mais c'est de la merde ! A l'époque il existait de nombreux groupes médiatisés ET talentueux. Aujourd'hui, ils se comptent sur les doigts de la main... Il suffit de regarder une émission de clip ou d'allumer la radio 5 minutes pour le comprendre. Ah ! Mais c'était en oubliant que la musique est un objet de commerce ! Plus question de talent, plus question de créativité, plus question de recherche, tout est pré-mâché, étudié pour plaire à tel groupe de consommateurs, commercialisé puis jeté.

Je terminerai en faisant mes propositions -que j'espère constructives- :

  • Puisqu'il semble y avoir une urgence, obligeons les maisons de disque à indiquer, par un étiquetage systématique, vérifié et vérifiable, où va l'argent que l'on dépense.
  • Créons une commission représentant tous les acteurs du marché, chargée d'établir :
    • Une étude précise pour mesurer l'impact du téléchargement illégal sur les ventes.
    • Les motivations des téléchargeurs, étudions leur comportement de façon à comprendre et assimiler les éléments qui font que ce système prend aujourd'hui le pas sur le modèle "traditionnel".
  • A partir de ces éléments, réunissons tous les acteurs du marché et discutons, voyons s'il existe d'autres solutions que la répression.
  • Interdisons les DRM, véritable obstacle technique. L'un des avantages du P2P est (faut-il le rappeler ?) son extrême facilité d'emploi.
  • Obligeons les maisons de disque à élargir leurs catalogues en ligne. Faites en sorte que l'offre soit attractive.
  • Consommateurs, soutenez les initiatives comme celle de Radiohead !
  • Enfin, artistes, impliquez-vous ! Proposez des pistes, des solutions, des échanges... Dialoguez avec votre public, vous êtes les premiers concernés.

Ph34r Hadopi

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Je pensais qu'on avait touché le fond avec le rapport Olivennes, mais force est de constater que le rapport Hadopi fait encore mieux ! Pour fêter mon retour sur Internet (après mon déménagement), j'avais donc l'intention de me fendre d'un billet "dans les règles de l'art" sur le rapport Hadopi. Mais d'autres l'ont fait, et certainement bien mieux que ce que j'aurais pû faire. Je vous invite donc à lire le superbe article écrit par Fabrice Epelboin et publié sur ReadWriteWeb.

C'est un peu long, alors, pour vous donner envie, voilà quelques extraits :

Pire, on a oublié - c'est ballot - de prendre en considération les recettes nouvelles apportées par ces foutus nouvelles technologies. Sonneries téléphoniques ? Un business florissant qui se compte en centaines de millions... Oublié. Taxes sur les CD vierges et les disques durs ? Oubliées. Augmentation des revenus du spectacle vivant ? Oublié. Part de marché sans cesse grandissante du jeu vidéo dans le budget culture des Français ? Oubliée. Chiffre d'affaire des réseaux sociaux en ligne orientés musique, tels que MySpace ? Oublié. Radios en ligne ? Oubliées. Auto-production d'un nombre grandissant d'artistes qui décident de voler de leurs propres ailes ? Oublié. Nouveaux réseaux de distribution alternatifs ? Oubliés. Et enfin, l'explosion du marché de l'occasion C2C sur le segment des produits culturels ? Oublié (pour être franc, j'en oublie probablement moi même, n'hésitez pas à me les signaler en commentaire).

Et si c'était là dedans que les 1,2 milliards de l'industrie culturelle avaient disparu ? Non, pensez donc, le niveau de vie des Français a tellement augmenté ces dix dernières années qu'ils se sont juste contentés d'augmenter leur budget loisir...

Les pirates doivent être rudement intelligents, à moins que ce soit ceux qui ne piratent pas qui soient frappé de crétinisme, et qui, c'est bien connu, cumulent pour un même film, une séance en salle, suivie, 6 mois plus tard, de l'achat du DVD, puis quelques temps après, de sa location en VOD (le DVD ayant certainement été égaré), le tout finissant sur TF1 pour regarder, à nouveau, le dit film, en profitant à l'occasion d'une coupure publicitaire bien méritée, après tant d'efforts et d'imbécillité.

Bon, du coup, je vais pouvoir me concentrer sur une série d'articles sur la sécurité et PHP5...

La France oublie la Liberté

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C'est le titre d'un article paru aujourd'hui sur The Inquirer. Un triste constat qui nous vient de l'étranger, et qui résume merveilleusement bien la situation. Petit extrait traduit :

La NATION qui, jadis, coupait la tête de son roi incapable, et dont le peuple resistait vaillament à l'occupation fasciste, a vu sa liberté trahie par ses propres politiciens corrompus.

L'Assemblée Française a voté une loi donnant aux industries de la musique et du cinéma le droit de couper l'accès à Internet de toute personne qu'ils accuseraient de pirater des fichiers protégés par le droit d'auteur. Aucune preuve ne sera requise, aucun tribunal n'interviendra. Les fournisseurs d'accès à Internet seront prévenus directement par les ayants-droit. Après deux avertissements, les internautes seront déconnectés pendant un an et devront continuer de payer leur abonnement à Internet.

C'est la première fois qu'un gouvernement occidental applique les mêmes pouvoirs autoritaires pour faire respecter le droit d'auteur que ceux utilisés contre le terrorisme, c'est à dire condamner sans droit à un procès.

Ce qui est encore plus effrayant est que la France a donné ce pouvoir à un cartel privé plutôt qu'aux autorités civiles. Selon la loi française, une personne n'a pas besoin d'être reconnue coupable pour être déconnectée d'Internet, Big Entertainment a simplement besoin de l'accuser.

La démarche, qui outrepasse des centaines d'années de liberté constitutionnelle, a été entreprise sur ordre du Président français roi de France Nicolas Sarkozy.

La Liberté Guidant Le Peuple - Eugène Delacroix

Sont décidément forts chez Microsoft !

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Je vais commencer ce journal avec une petite définition extraite de Wikipedia :

Le Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI) est un document décrivant un ensemble de normes et bonnes pratiques communes aux administrations publiques françaises dans le domaine informatique. Son élaboration a été conduite par la Direction Générale de la Modernisation de l'État (DGME).

La première version du RGI a été publiée en avril 2006. Il s'appuyait alors largement sur l'Open Document Format (ODF) pour tout ce qui concerne les documents de type bureautique. Ce format ouvert était à l'époque le seul à être normalisé par l'ISO.

Après 3 ans d'attente "inexpliquée", et après que Microsoft a réussi à faire normaliser son format de fichier (Office Open XML ou OOXML), le RGI a finalement été publié dans sa première version officielle le 11 novembre 2009. Et, surprise (ou pas...), il recommande désormais d'utiliser l'ODF...ou l'OOXML !

Deux formats... Concurrents... Non intéropérables. Voilà une décision pour le moment stupéfiante : un document officiel recommande à toute l'administration française d'utiliser un des 2 formats : ODF ou OOXML. L'un ou l'autre. Cocasse, non ?

Petit rappel. A l'heure actuelle, l'OOXML n'est implémenté dans aucune application existante. Comment peut-on donc recommander objectivement son utilisation ? De plus, sa normalisation a fait l'objet d'une véritable mascarade et certains pays s'y sont d'ailleurs fortement opposés.

ODF est, quant à lui, soutenu par de nombreux acteurs du monde informatique et il est déjà pris en charge par de nombreuses suites bureautiques : Google Documents (Google), StarOffice (Sun Microsystems), Lotus Symphony (IBM), OpenOffice.org, NeoOffice, KOffice...et même Microsoft Office 2007 SP2 !

Le lobbying semble décidément être une activité d'avenir en France :)

Pour en savoir plus :

La phrase (intelligente) du jour n°1

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Quelle est la différence entre Mark Zuckerberg [ndlr: fondateur de Facebook] et moi ? Je donne gratuitement des informations privées concernant les entreprises, et je suis un scélérat. Zuckerberg donne vos informations privées à des entreprises en échange d'argent, et c'est l'Homme de l'Année.

Julian Assange, membre de WikiLeaks.

Le cas Facebook

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I dislike

Facebook est un parasite. Un parasite que j'aime regarder. Mais seulement de loin. Je m'en suis débarassé il y a maintenant plus de 2 ans, c'était au cours de l'année 2008. A l'époque, Facebook n'était pas la pieuvre géante qu'elle est aujourd'hui. Le réseau social ne comptait qu'environ 50 millions d'utilisateurs et il n'y avait pas encore de chat.

Ma décision de quitter définitivement Facebook a été motivée par plusieurs facteurs. Le plus important était sans doute le gros problème d'éthique/morale que Facebook me posait à l'époque. Personnellement, je ne me suis jamais trop senti à l'aise en lisant les statuts et en regardant les photos de gens que je connaissais à peine ou pas du tout, ou même très bien, d'ailleurs. Ce type de voyeurisme a un côté malsain avec lequel j'ai beaucoup de mal.

Les inévitables problèmes d'hypocrisie (combien d'amis sont réellement des amis ?), de course à la popularité, etc. ont aussi penché dans la balance, forcément.

Et puis, il y a eu la question de l'utilité. J'ai passé des heures à regarder des photos, commenter, rechercher, trier les demandes, dégager les applications inutiles ("Découvré quel dieu greque vous etes ?", "est ce que vous éte fidel ?", ...), supprimer le spam de ma boîte mail ("Roger vous invite dans son groupe J'aime la pizza",...), etc. Des heures finalement passées à ne rien faire, des heures finalement passées à perdre mon temps. Temps pourtant si précieux.

Et puis, enfin, c'était un petit pari. Celui de voir comment le fait de ne pas être membre de Facebook allait altérer mes relations. J'ai personnellement toujours choisi de privilégier un cercle de relations proches, c'est à dire que je vois dans la vraie vie, et régulièrement. J'ai toujours eu une certaine difficulté à entretenir mes liens faibles. C'est peut-être mon côté binaire (je me soigne) qui veut ça. Reste que je n'ai jamais vu d'intérêt à avoir tout un tas de "connaissances" (qu'on ne connaît pas, d'ailleurs). Finalement, ma décision n'aura eu de réel impact que sur mes liens distants. Un impact négligeable, donc.

Bref, j'ai toujours rangé Facebook dans la case outil participant activement à l'abêtissement de masse et je l'assume.

J'ai cependant toujours gardé un oeil sur le premier réseau "social". Et je dois dire que tout ce que je vois depuis n'a fait que renforcer la piètre opinion que j'ai de ce site. On sait désormais que tout ce que chacun publie sur Facebook devient inévitablement la propriété du géant américain. On sait aussi que tout ce qui s'y trouve est analysé et revendu. On sait que les recruteurs n'hésitent pas à s'en servir pour mieux cerner votre profil. Tout le monde sait tout ça. Personne (ou presque) ne réagit. L'excuse la plus bidon est sans doute celle qui consiste à dire : "De toute façon je ne mets rien d'important dessus". Aujourd'hui, Facebook vaut pourtant cinquante milliards de dollars. Bizarre de voir que d'autres voient cinquante milliards de dollars dans ce "rien d'important" ? Peut-être pas tant que ça...

Tout ceci n'est pas nouveau, beaucoup d'autres ont déjà dressé ce bilan avant moi. Mais je crois qu'il est toujours bon de faire une petite piqûre de rappel de temps en temps. Facebook m'a toujours un peu énervé pour toutes ces raisons. Mais après tout, puisque les utilisateurs disent savoir ce qu'ils font... Bref, ce n'est pas tout ça qui m'a décidé à parler de Facebook aujourd'hui.

Jusqu'à maintenant, j'étais donc plutôt content d'avoir pris cette décision et d'être tranquille avec Facebook. Jusqu'à maintenant, il m'était possible d'ignorer totalement Facebook puisque tel était mon choix. Mais, non content d'être devenu le site communautaire soit-disant incontournable (au point que certaines sociétés privilégient Facebook à leur propre site !), Facebook est devenu un véritable parasite du web. Avec son OpenGraph, son Facebook Connect, son bouton J'aime et toutes ces autres m!rdes, Facebook étend peu à peu son emprise sur le web et gangrène de plus en plus de sites. Et ça, ça m'énerve fortement. Ça m'énerve encore plus quand certains sites vous obligent à avoir un compte Facebook pour commenter. Ça m'énerve de voir à quel point les gens qui adoptent ces solutions sont aveuglées par la facilité. Ça m'énerve de les voir sacrifier leurs libertés sur l'autel de la gratuité ou de la simplicité.

Facebook divise le web : il y a désormais le web tel qu'on le connait : décentralisé et accessible à tous. Et il y a le web par Facebook. Un peu comme "l'Internet par Orange" (elle était quand même bien bonne, celle-là !). Le web par Facebook, c'est un web centralisé, edulcoré, contrôlé, censuré... Tout le contraire du web, en somme. Chacun fera son choix, le mien est fait depuis bien longtemps.

Microsoft limite son empreinte carbone

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Attention, ça arrive rarement, alors profitez-en : je vais dire du bien de Microsoft !

Le géant américain a dévoilé hier ses plans pour conquérir le monde pour afficher une empreinte carbone neutre au 1er juillet 2012.

Pour parvenir à ses fins, Microsoft a notamment créé une taxe carbone interne à l'entreprise qui permet de chiffrer le coût des émissions carboniques de chaque activité. Cette taxe incite ainsi les équipes à réduire leurs émissions. Bien entendu, cette taxe est réinvestie dans de l'énergie renouvelable ou dans des outils permettant à Microsoft de contrôler son impact sur l'environnement.

Ce nouvel effort s'ajoute à plusieurs autres qui ont apparemment déjà porté leurs fruits puisque la U.S. Environmental Protection Agency a désigné Microsoft comme étant le troisième client national en énergies renouvelables, avec une consommation annuelle (pour l'année écoulée) en énergie verte de plus d'1,5 milliard de kilowatt-heures.

Reste à voir ce qu'en dira GreenPeace ;) En attendant, je pense qu'il convient de saluer cette initiative.

La phrase (intelligente) du jour n°2

(r)evolution

Indeed, the most somber speculation I can make about A.D. 2014 is that in a society of enforced leisure, the most glorious single word in the vocabulary will have become work!

Isaac Asimov, 1964.

Fil rouge : L'affaire Snowden/NSA

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Yes, we scan

L'affaire Snowden est d'une rare complexité. Et les conséquences des révélations du whistleblower (toutes appuyées par des documents) sont sans précédent. Elles remettent en cause la sécurité en informatique, le respect de la vie privée, la confiance qu'on accorde aux gouvernants et aux pouvoirs officiels, les fondements du libre échange et même ceux de la démocratie...

Le but de cet article n'est pas de faire une énième retrospective de l'affaire (Wikipédia le fait très bien). Je n'ai pas non plus l'intention d'expliquer pourquoi elle est gravissime. Chacun a son cerveau, il suffit de l'utiliser rien qu'un tout petit peu pour le comprendre.

Au lieu de tout ceci, j'ai choisi de retranscrire ici un certain nombre de réactions que je partage et/ou qui m'ont marquées. Cet article sera donc mis à jour au fur et à mesure.

Le 14 juin 2013, Cory Doctorow (blogueur, journaliste et écrivain) écrit dans The Guardian :

Apparemment, la confidentialité est absolument essentielle pour les puissants mais sans intérêt pour le reste d’entre nous.

Le 11 juillet, Bluetouff s'insurge littéralement contre les gouvernants :

Nous avons tous été trahis, et le cynisme de la classe politique, tellement frileuse à condamner ces actes graves nous trahi une fois de plus.

Le 8 août, Ladar Levison, directeur de la société Lavabit (qui fournissait un système de messagerie électronique sécurisé), annonce qu'il suspend les activités de sa société :

J'aurais aimé pouvoir vous faire part légalement des évènements qui m'ont conduit à prendre cette décision. Mais je ne peux pas. J'ai le sentiment que vous méritez de savoir ce qu'il se passe -- Le premier amendement est supposé garantir ma liberté d'expression dans des situations pareilles. Malheureusement, le Congrès a voté des lois qui disent le contraire. Cette expérience m'a donné une bonne leçon : sans action du Congrès ou une forte jurisprudence, je déconseille fortement à quiconque de confier ses données personnelles à une société ayant des liens physiques avec les USA.

Le 20 août 2013, Pamela Jones suspend l'activité de GrokLaw, un site dont le but est d'échanger des informations judiciaires, en particulier concernant les logiciels libres :

Ma décision personnelle est de rester aussi loin d'Internet que possible. Je suis juste une personne ordinaire. Tout ce que je sais, après toutes mes recherches et réflexions, et maintenant que je sais qu'il est impossible d'assurer la protection de sa vie privée en ligne, c'est que je ne peux plus rester en ligne sans perdre mon humanité.

Le 26 août, Jérémie Zimmermann (La Quadrature du Net) réagit dans Le Quotidien de La Réunion :

C'est Glenn Greenwald (The Guardian) et Lora Poitras (The New York Times) qui ont orchestré les révélations (d'Edward Snowden). Ils ont fait un travail admirable. Le premier est avocat, la seconde est documentaliste et ils sont en train de donner des leçons de journalisme au monde entier.

Les 5 et 6 septembre, après que The Guardian a révélé que la NSA et la GCHQ ont le pouvoir de déchiffrer tous les échanges sur Internet, Bruce Schneier, cryptologue et expert en sécurité informatique commente :

La NSA a saboté un contrat social fondamental. Nous autres ingénieurs avons construit Internet - Nous devons maintenant le réparer.

La confiance est essentielle pour qu'une société fonctionne. Sans elle, les théories conspirationnistes prennent naturellement le dessus. Pire encore, sans elle, nous échouons en tant que pays et culture. Il est temps de revenir aux idéaux de la démocratie : le gouvernement travaille pour le peuple, un gouvernement ouvert est le meilleur moyen de lutter contre les abus du gouvernement, et le fait qu'un gouvernement garde des choses secrètes doit être une exception, et non la norme.

Le même jour, des anonymes commentent à leur tour :

Il y a des gens qui pensent encore qu'ils n'ont vraiment rien à cacher. Jusqu'à ce que le moindre évènement de leur vie privée soit rendu public ou mis en vente. A la recherche d'un nouveau boulot ? Oh, mais ?! Vous avez eu un cancer il y a 2 ans et vous êtes guéri ? On ne peut pas prendre cette responsabilité médicale.

Le problème c'est que l'utilisateur moyen d'Internet est trop fainéant ou n'a pas le niveau requis pour utiliser le chiffrement. Je te souhaite bonne chance pour faire faire ça à tes ainés.

Le problème n'est pas que la NSA lise mes mails. Le problème c'est que la NSA lise les mails des politiques, des juges et des journalistes. Le chantage et l'intimidation sapent les fondations mêmes de notre République.

Si tout ceci est vrai, alors qui dirige le cirque dans lequel nous vivons ?

Le 8 septembre, le hacker Pattern_Juggled réagit aux dernières révélations du Guardian :

C'est une opération psychologique - Une campagne de peur. [...] Ils veulent faire peur aux gens de Tor, faire peur aux gens qui utilisent des services d'anonymisation. Ils veulent que les gens se sentent vulnérables, en insécurité, incertains... Ils veulent qu'ils doutent de tout ce qu'ils pensent savoir sur la sécurité en ligne.

Le 24 septembre, Dilma Roussef, présidente du Brésil, déclare lors de l'assemblée générale de l'ONU :

L'argument selon lequel ces écoutes illégales visent à protéger les pays du terrorisme est intenable.

Le 24 octobre, après que le journal Le Monde a révélé l'ampleur de l'espionnage mené par les Américains en Europe, le président de le Commission Européenne, José Manuel Barroso, déclare :

Nous savons, encore très récemment, ce que signifie le totalitarisme. Nous savons ce qui arrive quand l'Etat utilise ses pouvoirs pour s'introduire dans la vie des gens.

Le 31 octobre, alors que la NSA tente plus que jamais de discréditer le travail des journalistes, Glenn Greenwald leur répond sur son blog :

Voici le penchant autoritaire et soumis du monde politique et médiatique américain dans toute sa splendeur : la parole d’un membre de l'administration américaine est déraisonnablement acceptée comme une vérité, sans qu'aucune preuve ne soit réclamée, et ce, même si ces officiels ont déjà menti dans le passé.

Fin novembre 2013, Jameel Jaffer, directeur adjoint aux affaires juridiques de l’Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union) déclare :

Il ne faut pas perdre de vue que les activités de surveillance de la NSA ne sont pas du tout restreintes [...] elle stocke des informations sur vos opinions politiques, vos antécédents médicaux, vos relations personnelles et vos activités sur internet. La NSA promet que ces informations personnelles ne seront pas exploitées de manière abusive, mais ces documents semblent indiquer que la NSA a une définition plutôt restreinte du terme "abus".

Fin décembre 2013, le journal allemand Der Spiegel révèle que la NSA s'est infiltrée dans 258 systèmes informatiques de 89 pays. Elle a en outre introduit un virus dans le système informatique de 16 sociétés (dont Orange) chargées de gérer le câble sous-marin SEA-ME-WE 4 reliant Marseille à l'Afrique du Nord, aux pays du Golfe et au Moyen-Orient. Le journal révèle par ailleurs que l'agence américaine dispose d'une unité spécialisée dans ces opérations de hacking : l'Office of Tailored Access Operation. Korben, blogger français, s'interroge justement :

Dommage qu'aucun dirigeant en Europe ne s'y intéresse et ne le soutienne [Snowden]. Jusqu'où la NSA devra-t-elle aller pour que l'Europe réagisse ? J'ai l'impression qu'on a dépassé depuis très longtemps les limites de l'acceptable... et pourtant il ne se passe rien.

La réponse toute faite à laquelle j'ai droit dans 99% des cas lorsque j'évoque ce sujet est le fameux "Je n'ai rien à cacher". Le sénateur américain Bernie Sanders nous mettait pourtant en garde le 13 juin 2013 :

Je m'inquiète de voir des enfants grandir dans une société dans laquelle ils se disent "Si j'envoie ce mail ou si je visite ce site web, quelqu'un pourrait penser que je suis un terroriste. Je ne vais pas parler de ce sujet, je ne vais pas lire ce livre, je ne vais pas explorer cette idée." Je ne veux pas que quelqu'un pense comme ça. Ça m'énerve vraiment et ça ne ressemble pas du tout à une société libre et forte, dans laquelle les gens soumettent des idées et les explorent sans crainte et dans laquelle je crois que nous devrions vivre.

Se savoir surveillé, à tort ou à raison, fait qu'on ne pense plus de la même façon.

La phrase (intelligente) du jour n°3

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Le problème des gens normaux avec la technologie est le même qu’avec la politique, ou la société en général. Les gens pensent être isolés et sans pouvoir, mais la seule chose qui maintient les gens seuls et sans pouvoir est cette même croyance. Ceux qui travaillent ensemble ont un énorme et terrible pouvoir. Il existe certainement une limite à ce que peut faire un mouvement organisé de personnes qui partagent un rêve commun, mais nous ne l’avons pas encore trouvée.

Quinn Norton, Everything is Broken, 20 mai 2014

#JeSuisCharlie

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Les évènements de cette semaine montrent à quel point nous avons échoué en tant que société.

L'État de surveillance

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Je suis sur écoute

L’État de police est celui dans lequel l'autorité administrative peut, d'une façon discrétionnaire et avec une liberté de décision plus ou moins complète, appliquer aux citoyens toutes les mesures dont elle juge utile de prendre par elle-même l’initiative, en vue de faire face aux circonstances et d’atteindre à chaque moment les fins qu’elle se propose : ce régime de police est fondé sur l’idée que la fin suffit à justifier les moyens. À L’État de police s’oppose l’État de droit...

Raymond Carré de Malberg, Contribution à la théorie générale de l'État, 1920

Ce 15 avril, 25 députés (sur 577) ont voté le Frenchioct-Act, la loi dite sur le Renseignement, mettant potentiellement un terme à l'État de droit en France. Tout, TOUT le trafic Internet passera désormais par des boîtes noires gouvernementales dont le fonctionnement précis est bien évidemment tenu secret. L'État s'octroie aussi le droit d'enregistrer et d'analyser les conversations téléphoniques, les SMS, etc.

Banksy - Dustbin Surveillance

Contrairement à ce que crient haut et fort MM. Valls et Cazeneuve, il s'agit sans nul doute de surveillance de masse : l'ensemble des communications seront analysées (par des algorithmes) afin, je cite, de détecter, par un traitement automatique, une succession suspecte de données de connexion. Bien entendu, la loi se garde bien de préciser ce qu'est une succession suspecte de données de connexion : chiffrer ses e-mails ? Consulter une carte de la Syrie sur Maps ? Se renseigner sur des techniques de hacking pour mettre son propre site web à l'épreuve ? Tout ceci nous amènera-t-il à être suspecté ?

Les méta-données de connexion seront aussi enregistrées par ces boîtes noires.... et conservées. Ah oui, mais ces méta-données sont anonymes ! Le ministre l'a certifié. Sauf que le but des méta-données est justement d'identifier les personnes et de dresser des cartes sociales (untel est entré en relation avec untel à x reprises, à telles dates, pendant tant de temps, par tels moyens). Quelle ironie.

On parle bien entendu de lutter contre le terrorisme, de défendre les intérêts essentiels économiques de la France, de sécurité nationale, etc. Malheureusement, et comme l'a notamment souligné Marc Trévidic, placée entre de mauvaises mains, cette loi permettra aussi de faire du renseignement social et ainsi de surveiller (au mieux) les opposants politiques et les militants (ONG, associations, syndicats, ...), instaurant ainsi un État policier. Rappelez-vous, grâce aux boîtes noires, l'État saura que votre ordinateur s'est connecté 5 fois cette semaine au site Jacky & Michelle. Il saura aussi que vous consultez régulièrement le site d'associations anti-nucléaire, par exemple. Et il saura aussi que vous vous cachez derrière Paul Bismuth ;) Il le saura, et finira, un jour ou l'autre, par l'utiliser. C'est dans ses intérêts.

Ayez confiaaanceee

Nous l'avons vu précédemment, le simple fait de se savoir surveillé pousse à ne plus agir de la même façon. Cela suffit à ne plus s'engager de la même façon. Cela suffit à ne plus penser de la même façon. Surveiller, c'est censurer à priori.

Comme le dit Glenn Greenwald :

Une société dans laquelle les gens peuvent être surveillés à tout moment pousse à la conformité, l’obéissance et la soumission.

La liste des opposants à cette loi est longue et franchement impressionnante. Certains mettent en avant les dangers pour la démocratie, d'autres pour la liberté d'expression et la liberté de la presse, d'autres pour la vie privée, d'autres pour l'économie... Tous ont raison.

Et pourtant, en France, ce 15 avril 2015, 572 hommes et femmes (25 ont voté pour, 547 n'étaient pas présents) qui savent tout mieux que tout le monde ont balayé toutes ces oppositions d'un revers de "fantasmes !", "Facebook et Google le font déjà !", "c'est pas de la surveillance de masse, d'abord !", sans oublier l'argument massue : "c'est pour lutter contre le terrorisme !".

Le pire dans tout ça reste sans doute que ces 572 gus se sentent tout à fait dans leur bon droit puisqu'ils ont été élus. Et bien sûr, aucun ne sera tenu pour responsable lorsque le système dérapera. C'est ça le système politique français de 2015.

Le salut viendra peut-être de l'association FDN, qui a courageusement déposé une question prioritaire de constitutionnalité. Mais j'ai peu d'espoir.

Dans tous les cas, vous le savez désormais : en France, l'État vous surveille.

Dans tous les cas, vous le savez désormais : en France, si vous ne pensez pas comme on vous a dit de le faire, vous êtes suspects.

Dans tous les cas, vous le savez désormais : en France, le terrorisme a gagné.

La phrase (intelligente) du jour n°4

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Cette loi est une altération intolérable de nos libertés individuelles. Il est effrayant que la société s'habitue à les négocier.

Luz, dessinateur pour Charlie Hebdo, à propos du Projet de Loi pour le Renseignement, 2015.

La phrase (intelligente) du jour n°6

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Tous les mammifères sur cette planète ont contribué au développement naturel d’un équilibre avec le reste de leur environnement, mais vous les humains vous êtes différents. Vous vous installez quelque part, et vous vous multipliez, vous vous multipliez, jusqu’à ce que toutes vos ressources naturelles soient épuisées, et votre espoir de réussir à survivre, c’est de vous déplacer jusqu’à un autre endroit... Il y a d’autres organismes sur cette planète qui ont adopté cette méthode, vous savez lesquels ?... Les virus. Les humains sont une maladie contagieuse, le cancer de cette planète, vous êtes la peste et nous, nous somme l’antidote !

Agent Smith, Matrix, 1999 (écrit par les frères Wachowski).

La phrase (intelligente) du jour n°7

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La fréquence actuelle et la gravité de ces actes sont nouvelles et inquiètent légitimement.

Ce qui ne rassure pas, c'est le manque de vision à long terme de la classe politique. Obsédée par les échéances électorales, obnubilée par les médias, elle privilégie le temps court. Ce sera insuffisant pour vaincre le terrorisme.

— Jean-Michel Bretonnier, La Voix Du Nord, 19 juillet 2016